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Extraits du livre
- Extrait texte Mireille Dumas, animatrice d’émissions
télévisées.
Être vrai avec soi-même et avec les autres
Pour
Mireille Dumas, animatrice de l’émission Vie Privée, Vie
Publique sur France 3, « ce qui est terrible, c’est qu’on
est surinformé et on a l’impression qu’on nous cache l’essentiel
». Une information plus spectaculaire est plus facile à donner,
et il est difficile de parler des choses positives. « L’info majeure,
c’est le drame. On se lève avec le drame, mais comment faire autrement
? L’économie est au cœur du système, le vrai pouvoir
est là ». La concurrence entre les chaînes, les radios, les
journaux mène le bal. Tout le monde obéit à la même
loi : la course à l’audience. Celui qui a l’information la
plus attractive sort gagnant du combat que se livrent les media. Si collectivement,
le système obéît à la loi de l’économie,
Mireille Dumas souligne le fait qu’il est important « d’y
échapper individuellement ».
Commencer par l’envie d’être vrai avec soi-même et avec
les autres. « La question qui m’a toujours intéressée
et qui est au centre de mon travail, déclare Mireille Dumas, à
propos de ses débuts dans le journalisme, c’est comment être
soi avec les autres à travers le quotidien ? Comment, en même temps,
vivre sa solitude et être solidaire ? ». Les autres nous donnent-ils
la possibilité de nous épanouir, ou au contraire nous en empêchent-ils
? Etre debout, avec ses propres convictions, c’est un combat de tous les
jours. Savoir s’opposer à la majorité des autres pour défendre
une conviction forte demande du courage et de la ténacité. «
Si je parle avec les poings, s’amuse t-elle, c’est parce qu’il
faut se battre pour tout, en permanence ». Se battre pour faire accepter
la différence, et se faire accepter tel que l’on est. Qu’est-ce
qui définit l’identité, la normalité ? Quelle est
la limite entre la normalité et l’anormalité ?. Mireille
Dumas en a toujours repoussé les frontières. « Savoir d’où
on vient est important, dit-elle, mais ce qui m’intéresse c’est
le présent et le futur. Dans la famille, on allait tous au catéchisme
pour qu’on soit avec les autres. Ma mère m’a enseigné
des valeurs fortes : ne jamais entraver la liberté de l’autre,
être dans l’entraide et la solidarité. Ces valeurs, j’essaye
de les transmettre à mon tour, dans mes émissions de télévision
».
- Extrait texte Thierry Lacroix, reporter sportif à
la télévision pendant la Coupe du Monde de Rugby 2007
Avoir un projet qui donne envie de se lever le matin
Picasso disait :
« il faut des années pour devenir jeune ». Plutôt que
d’avoir peur de devenir vieux, de lutter contre le temps à coup
de mascara, on devrait garder en nous quelques souvenirs de ces années
fondatrices où tout reste possible, parce que dans la tête, on
n’a pas de limite.
Thierry Lacroix, rugbyman connu pour avoir été le recordman mondial
des buts marqués en matches internationaux, devenu depuis commentateur
des matches de rugby à la télévision, vit aujourd’hui
une nouvelle passion doublée d’une nouvelle vocation. Au cours
de sa carrière de sportif de haut niveau, il a constaté que le
terrain était source de vérités et de mixité sociale.
Par son implication dans la vie locale, il a apprécié le contact
avec les jeunes, la sensation de représenter à leurs yeux plus
qu’une idole, un modèle. Cette passion, le phénomène
de la référence sportive et de l’appartenance, sont autant
d’éléments sur lesquels il a bâti son projet, Acadosport,
avec la volonté de réinsérer dans la société
les jeunes en difficulté, par le sport, en leur donnant l’opportunité
de saisir leur chance. Et il réussit ! L’expérience de Cognac
a donné des résultats probants. Les jeunes en difficulté,
avec méthode, patience et détermination, peuvent sortit de leur
galère et se créer une place honorable dans la société,
et ce, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur couleur de peau !
- Extrait texte Francine Leca et Patrice Roynette,
fondateurs de Mécénat Chirurgie Cardiaque
Le désir de créer plus fort que tout
Quand on
agit avec le cœur, tout devient possible. « L’envie de créer
Mécénat Chirurgie Cardiaque, l’élément déclenchant,
déclare Francine Leca, professeur et docteur en chirurgie cardiaque,
a été la lettre d’un papa iranien, professeur de français
à Téhéran, un homme cultivé et charmant. Il m’avait
écrit une très longue lettre : il n’avait pas d’argent,
et il me demandait si on pouvait prendre en charge son petit garçon qui
avait une grave malformation du cœur. C’était il y a 10 ans.
Je suis allée voir la direction de l’hôpital Laennec en disant
: que pourrait-on imaginer comme formule pour faire venir cet enfant et l’opérer
? De formule, il n’y en avait point ». La chirurgie cardiaque coûte
cher. En France, tout est pris en charge par notre bonne mère la sécurité
sociale, et nous ne savons pas qu’une journée à l’hôpital
représente un budget de 1500 à 2 000 euros par personne. «
En France, on va à l’hôpital, on est soigné, on dit
merci en partant quand on est bien élevé, et on ne paye rien »,
poursuit le Professeur Leca. C’est une chance extraordinaire que nous
avons, dont on se rend compte seulement le jour où l’on côtoie
ceux qui n’ont pas cette chance. « La direction de l’hôpital
a compris mes préoccupations, et ils m’ont dit à juste titre
: Madame Leca, on ne peut pas comme ça prendre les enfants qui arrivent
du monde entier et puis les opérer. Ca coûte beaucoup trop cher,
ce n’est pas possible. Pas d’argent disponible. En présence
de ce cas précis, le petit enfant iranien, je me suis dit : mais comment
vais-je faire pour trouver de l’argent ? ». Il existe, le tout c’est
de frapper à la bonne porte, de faire comprendre aux gens que c’est
pour la bonne cause.
Ce qui fut dit, fut fait. L’association démarre. Patrice Roynette
apporte son incroyable énergie et ses contacts privilégiés
qu’il a su créer, au gré des amitiés qu’il
a nouées avec des décideurs ces dernières années,
notamment grâce à sa passion sans limite pour la voile. L’aventure
est belle, la cause est doublement forte : sauver le cœur des enfants,
qui plus est, issus du monde entier, de pays défavorisés. Il n’y
a pas hésiter. Tout se met en place très vite. Les premiers malades
sont des petits moldaves, parce que Francine Leca avait dans son service un
chirurgien moldave qui était venu la voir avec son ministre de la santé
pour voir comment opérer des petits Moldaves en France. « Il avait
un traducteur avec lui. Quand je lui ai dit le prix de l’intervention,
témoigne Francine Leca, j’ai cru qu’il allait faire un malaise
dans mon bureau : c’était pour lui une somme astronomique. J’ai
appris plus tard que le traducteur s’était trompé et qu’il
avait divisé par dix le montant : 150 000 francs pour faire opérer
un enfant, à l’époque. C’était impensable pour
ce pays modeste qui venait juste d’acquérir son indépendance
de l’Union Soviétique ». Ces petits moldaves étaient
dans une situation de paupérisation extrême. Il fallait amorcer
la machine.
- Extrait texte Joëlle Miquel, écrivain et scénariste
Vivre dans un monde qui a du sens
Chercher la joie
à travers une voie, essayer de faire du neuf, sortir de sa tour, marcher.
Avoir le sentiment de réussir sa vie parce qu’on vit dans le cœur
des gens. Echanger plutôt que communiquer. Découvrir en soi une
vraie fécondité. Se soucier de l’autre parce que l’autre
est un autre soi. Etre la même personne, tous les jours de la semaine.
Se détacher des choses matérielles. Donner du sens à ce
que l’on fait, tel un artisan dans son métier .
Joëlle Miquel, longtemps handicapée par une maladie qui l’a
fait grandir prématurément, Joëlle Miquel a débuté
jeune sa carrière d’artiste : à 15 ans, elle jouait le rôle
principal d’un film d’Eric Rohmer. A 18 ans, elle écrit un
premier roman, « Les Rosiers Blancs », elle a depuis publié
quatre autres romans, joué au théâtre et au cinéma
sous la direction de Jean-Jacques Beineix ou Claude Lelouch. Jeune femme moderne,
elle se dit citoyenne du monde. Elle est heureuse de vivre dans une démocratie,
et elle souhaite que tout en gardant leur identité, les pays s’ouvrent
peu à peu, pour s’enrichir de leurs différences, partager,
affiner tant leur savoir-faire que leur savoir, et chercher ensemble, à
construire un monde meilleur.
Une sensibilité en éveil permanent, fragilité apparente
dissimulée sous une force de caractère bien réelle, tel
est le paradoxe charmant de Joëlle Miquel « J’ai besoin de
vivre dans un monde qui a un sens, dit-elle avec fraîcheur. Avec les mots,
on fait partager un imaginaire. J’ai toujours soif des autres ».
En discutant avec elle, on prend conscience que la France a encore plein de
potentiel, que la plupart des régions sont superbes, que Paris est endroit
de culture, de beauté extraordinaire, à taille humaine, qu’il
y a plein de petits quartiers à découvrir et que l’énergie
y circule, que la ville s’internationalise et que c’est une bonne
chose, parce qu’en France, ça fait bien d’être blasé,
de dire que rien ne va.
Pour elle, la meilleure façon d’avancer, c’est de faire
un travail énorme sur soi, toujours chercher à faire mieux, se
mettre en danger, prendre des risques. « Par exemple, quand j’ai
fait mon court métrage Les Joues Rouges et dirigé une équipe
de cinquante personnes, j’ai eu peur. Combattre sa peur, c’est la
meilleure façon de progresser ». Les Français ont peur pour
l’emploi notamment. Lorsque l’on est artiste, en quelques mois,
on peut se retrouver à la rue. Les gens se lancent mais ils ne se rendent
pas compte qu’il faut assurer financièrement. Un projet sans budget
n’existe pas, même pour un tout petit budget Beaucoup n’ont
pas la combativité suffisante pour faire face à une situation
de précarité. « En France, on n’a pas été
formé à rebondir. Les Américains sont plus entraînés
à repartir après un coup dur. Mais la peur, il faut la surmonter.
C’est l’ennemi numéro un, affirme t-elle. Ce que j’aime,
c’est être une artisane, essayer de faire le beau, donner un peu
de joie à travers un film ou un roman ».
- Extrait Jean-Noël Delettre, artiste-peintre
Les artistes, eux aussi, acquièrent l'esprit d'entreprise
Les artistes aspirent
à de nombreux projets, quelquefois classiques, souvent originaux, de
temps en temps fous. Ils vont de projet et projet, et par nature, ce sont des
intermittents. Un cinéaste travaille sur un projet de film, le boucle,
passe à un autre, éventuellement après un temps mort qui
peut s’avérer long. Une romancière, Joëlle Miquel en
témoigne : « on peut avoir un livre à succès, faire
les honneurs du journal de 20 heures auprès de PPDA, se faire interpeller
dans la rue le lendemain, et l’année qui suit, vivre un long silence
intense pendant plusieurs mois. De plus en plus d’artistes entreprennent,
et ce, dans tous les domaines. Ce ne sont pas seulement des créateurs,
ils doivent aussi gérer leur carrière, organiser leur vie quotidienne
et leur promotion.
Jean-Noël Delettre, artiste-peintre de trente-quatre ans installé
dans la région de Lyon, a aujourd’hui une démarche d’entrepreneur.
Victime d’un grave accident automobile, il est resté longtemps
handicapé moteur, et a dû tout réapprendre pas à
pas, jour après jour, avec l’angoisse quotidienne de ne plus jamais
marcher. Il a mis huit ans à remonter la pente. Ce n’est qu’en
2005, à force de volonté, qu’il a pu lancer sa carrière
dans les arts plastiques. On le pensait irrécupérable. Il s’est
battu. Pour revivre normalement, ses deux priorités étaient :
réussir à remarcher et travailler sur lui pour retrouver ses facultés
mentales et physiques. A l’aide d’une rééducation
intensive, peu à peu, il a décidé de se battre car à
vingt ans dit-il, « il avait choisi d’être artiste peintre
et d’en vivre ». Quatorze ans plus tard, il est plus que jamais
déterminé à réussir et sa vie et son œuvre.
« Pourquoi ceux qui possèdent le plus se plaignent-ils davantage
? s’étonne t-il. C’est une question de mental. En France,
on a des richesses incroyables et tout le monde se plaint. La plupart vivent
dans un confort relatif, avec un logement, de quoi se nourrir, des vacances.
J’ai l’impression qu’ils mettent le sens réel de leur
vie dans la consommation ». La solution aux problèmes, c’est
le réflexe carte bancaire, comme si la consommation pouvait donner un
sens à la vie. En Inde, en Afrique, où les conditions de vie sont
pour beaucoup déplorables, les gens n’ont pas le loisir de se plaindre,
ce qui ne les empêche pas de partager leurs peines et leurs joies
Quelque part, cet accident a été la chance de sa vie, nous confie
t- il . « Si on est enthousiaste, et si on aime son travail, on a accès
à beaucoup de domaines. La peinture est pour moi une vocation, un moyen
de m’exprimer. Et je pense qu’au bout du compte, le plus important,
c’est la réalisation de soi, pour soi et pour les autres »,
conclut-il. Il est artiste avant d’être peintre. Il va à
fond dans cette voie et sa vie a un sens parce qu’il veut lui en donner
un . Il a une place à prendre et il le sait. « L’essentiel
est de savoir se réjouir de ce que l’on fait, au jour le jour,
et prendre le temps de l’apprécier, car dit-il, le bonheur, c’est
le chemin ».
- Extrait Cécile Rives, chanteuse lyrique
Être co-acteur et co-producteur de notre avenir
Comment
révéler son talent ? Ils l’affirment tous et toutes : grâce
à la persévérance et la passion. Le parcours atypique de
la chanteuse lyrique Cécile Rives qui l’a conduit des hautes études
au cirque, des cafés-théâtres aux lieux les plus prestigieux,
est un exemple de réalisation personnelle. Au travers de son art, de
rencontres et d'engagements, elle s’est révélée au
fil des aventures étonnantes qu’elle a connues. A l'origine de
l'histoire de cette artiste, qui se sent plus à l'aise pour s'exprimer
sur les planches que "dans la vraie vie", il y a son grand-père,
un passionné d'opéra, qui la fait constamment chanter alors qu'elle
n'a que trois ans. La suite sera un long chemin semé d'embûches
pour apprivoiser une voix rare et un sacré tempérament. Difficultés
de langage avec rééducation orthophonique, échecs aux concours
d'entrée des Conservatoires, le chant semble un idéal bien lointain.
Elle fait alors des études de musicologie, devient enseignante, mais
au fond d’elle, elle veut continuer l’aventure. « J’ai
quelque chose à dire qui me dépasse, dit-elle, c’est plus
fort que moi. Quand je ne chante pas, si je ne peux pas donner au public, il
me manque quelque chose de fondamental ». Alors elle se produit en clown
vocal dans les bars sous le nom de Bob la langouste, prend des cours de chant,
de danse, suit des stages. Un producteur la remarque : elle chante à
Barcelone, Moscou, Montréal, enregistre de la musique improvisée.
Peu à peu, elle donne une dimension magique au répertoire classique
en créant la fée lyrique Cilcée, une cantatrice évoluant
sur des échasses. Continuant à décloisonner les styles,
elle collabore avec le milieu hip-hop, nourrissant son éclectisme naturel
d’expériences différentes et inspirantes. Elle affronte
tous les défis : chanter à 76 mètres de hauteur devant
des milliers de personnes, chanter à Dubaï en proue de bateau, chanter
en étant suspendue du haut de l’église de Saint-Jacques
de Compostelle. Rien ne lui fait peur. Le défi et la nouveauté
la motivent car ils lui permettent d'aller encore plus loin à la rencontre
de son art et du public. « L’enthousiasme n’est pas confortable,
avoue t-elle, il faut sans cesse se renouveler. Je me suis formée dans
la rue et dans les cafés théâtres, et je m’en réjouis
car je suis capable d’innover grâce à ce que j’ai vécu
». Cette femme de 37 ans passionnée et engagée, avec ses
yeux bleus perçants et son naturel souriant, apprécie les immenses
capacités créatives qu’il existe en France. Elle regrette
que les tenants des traditions, trop fortement ancrés dans leurs codes
classiques, appréhendent la confrontation avec de nouveaux modes d’expression,
des créations originales et audacieuses. « La voix, c’est
le corps, l'âme et l'affect. C'est aussi le lieu, l'espace qui est autour
de soi. Elle peut s'exprimer sans limite » sourit-elle.
- Extrait texte Thierry Baudier, directeur général
de Maison de la France
Une réserve inépuisable : le tourisme
La France est la
seule des grandes destinations touristiques au monde à regrouper en un
seul territoire autant de cultures d’identités différentes
: Alsace, Anjou, Antilles, Aquitaine, Ardennes, Auvergne, Béarn, Bourgogne,
Bretagne, Calédonie, Catalogne, Champagne, Charente, Corse, Côte
d’Azur, Gascogne, Guyane, Jura, Lorraine, Lyonnais, Nord, Normandie, Paris,
Pays Basque, Périgord, Picardie, Poitou, Polynésie, Provence,
Réunion, Savoie, Touraine, Vendée. Qui d’entre nous prétend
bien connaître les traditions, savoir-faire, us et coutumes attachées
à ces 30 cultures ? Il faut pas mal d’années pour tout visiter
! Randonnée pédestre et balades, découverte des paysages
et de la nature, loisirs sportifs et activités de plein air, gastronomie,
musées, sports d’hiver, circuits et routes à thèmes,
événements et spectacles, promenade sur le littoral, agrément
des parcs et jardins, jeux d’eau : ces réserves d’activités
sont inépuisables et déclinables à l’infini. Pourquoi
ne pas davantage les faire connaître, les apprécier pour ce qu’elles
sont déjà et tout faire pour les développer en investissant
avec des capitaux privés ? Les business-angels cherchent des bons projets.
Aux Etats-Unis, des centaines de milliers de business-angels investissent entre
50 et 100 milliards de dollars par an dans la création de gazelles.
En France, sur les 1,5 milliards d’euros investis, la plus grande partie
vient de fonds publics, et à peine quelques centaines de millions vient
de nos quelques milliers de business-angels. L’Etat est à sec.
Qu’attendons-nous pour donner envie aux business-angels de créer
ou de développer des gazelles de France dans le tourisme ? Valoriser
la diversité et la qualité de l’hébergement, moderniser
les activités existantes et déployer de nouveaux projets à
portée mondiale, en s’inspirant de l’excellent exemple du
Puy du Fou, renforcer la synergie entre les acteurs français du tourisme.
Il y a de quoi créer des emplois ! Les dispositions fiscales introduites
par le Congrès américain en 1958, consistant à faire de
l’investissement dans la création d’entreprises le meilleur
moyen d’éviter l’impôt sur le revenu, expliquent l’origine
de ce succès. Qu’attendons-nous en France pour encourager l’investissement
des fonds privés dans des projets phares en introduisant au plus vite
une fiscalité incitative ? Le budget public est en déficit, il
faut aller chercher l’argent ailleurs.
La Maison de la France, chargé de la promotion de la destination France
a identifié 7 points clés sur lesquels la France peut jouer :
la qualité de l’offre française, la richesse des cultures
identitaires en leur donnant du sens et de l’authenticité, le tourisme
d’affaires, le tourisme urbain avec les courts séjours, la valorisation
du patrimoine naturel en répondant au besoin d’espace et de ressourcement,
l’image et le rayonnement international du pays à travers ses produits,
la bonne image de la France pour ses atouts.
Les études prospectives réalisées par des experts du monde
entier, permettent d’imaginer dans ses grandes lignes le monde qui se
dessine pour les cinq prochaines années. Appliquées au secteur
du tourisme, elles confirment un potentiel de croissance considérable.
Prenons quelques exemples. La population des seniors connaîtra la plus
forte croissance au cours des dix prochaines années dans les pays développés.
Les seniors sont reconnus pour être plus exigeants, plus attentifs à
la qualité, plus épicuriens.
Autre exemple, celui l’évolution de nos structures familiales.
Des ménages et des familles à géométrie variable,
de plus en plus de familles recomposées, de célibataires, de couples
homosexuels déclarés, de grands-parents plus impliqués
dans la vie familiale et dans les activités des petits-enfants, de communautés
d’intérêts culturelles, sportives, humanitaires ou sportives.
Opportunités pour la France : développement des offres personnalisées
et des services spécifiques adaptés à chacune des cibles.
La montée des valeurs éthiques favorise le développement
d’un tourisme plus participatif avec des consom’acteurs qui cherchent
le contact avec l’habitant, et sont de plus en plus sensibles à
la protection de l’environnement. « La France, avec son patrimoine
naturel exceptionnel, a un gisement de croissance important dans les activités
de pleine nature », souligne Thierry Baudier, directeur général
de Maison de la France. Avec la diversité culturelle des territoires
français, elle a aussi une vraie carte à jouer dans les savoir-faire
locaux, les produits du terroir, l’architecture et les vieilles pierres
issues d’un patrimoine exceptionnel. L’importance des relations
humaines et le partage de cultures devraient nous inciter à mieux nous
former à l’accueil, à éveiller notre curiosité
sur le monde. La France a une vraie carte à jouer à l’international
: « il y des tas de gens de tous âges qui sont prêts à
se battre pour aller vendre la France. Je suis assailli en permanence de demandes
de stages, d’entretiens de recrutement de Français qui veulent
partir défendre nos couleurs à l’étranger »,
constate Thierry Baudier.
La nouvelle relation au travail, avec une flexibilité accrue, une imbrication
croissante de la vie professionnelle et de la vie privée. Le changement
de comportement du citoyen, de plus en plus informé, autonome, opportuniste,
individualiste, attaché à une communauté ou à une
tribu, encourage le développement d’offres marquées par
l’originalité, l’authenticité, l’expérience
émotionnellement forte. Animer le patrimoine français naturellement
diversifié, original et authentique est un enjeu majeur et devrait susciter
de nombreuses vocations.
Internet, la téléphonie mobile et le GPS révolutionnent
le tourisme : le nombre d’acheteurs en ligne explose, la planète
s’ouvre et s’informe, les humains sont en réseau et comparent
les avantages d’une région et d’une offre à l’autre.
Renforcer la visibilité des sites Internet français à travers
un meilleur référencement sur les moteurs de recherche type Google
est une vraie bonne idée.
La France, en plus de ses atouts naturels liés à son patrimoine
historique et culturel, a un emplacement remarquable. Située au cœur
de l’Europe, elle est proche de 138 millions de citoyens européens
qui résident à moins de trois heures de train ou de voiture de
la France et de 273 millions à moins de deux heures d’avion. Comment
affirmer davantage la personnalité de la France à travers son
image, ses régions, son TGV et son réseau ferroviaire, ses animations
et ses propositions personnalisées ?
- Extrait texte Princesse du Burundi, Esther Kamatari
Étonner avec élégance et simplicité
Esther
Kamatari, Princesse du Burundi, première femme à avoir été
mannequin noire en France, une femme étonnante qui allie élégance
et simplicité, sympathie et détermination, générosité
et provocation, continue de frapper les esprits qu’elle croise au quotidien.
Première femme noire à avoir été mannequin en France
en 1973, elle affirme ses convictions : « osons dire et faire ce que notre
cœur nous inspire », déclare t-elle avec une voix en harmonie
avec son regard profond, adepte de la passion paisible. Depuis qu’elle
a rencontré le Professeur Francine Leca, première femme chirurgien
à avoir opéré du cœur en France, elle a décidé
de tout mettre en œuvre pour sauver des enfants. Dans une réunion
au Sénat, parmi les 400 personnes blanches habillées de noir,
elle est la seule femme noire habillée de blanc : et alors ? Elle assume
le silence des 400 têtes interloquées qui se retournent vers elle
quand elle entre dans la salle : elle ose casser les codes, remuer les petits
cœurs, et donner un élan d’engagement à tous ceux qui
hésitent, critiquent ou se réfugient dans un confort superficiel.
Parce qu’elle sait ce que le mot misère veut dire. Au Burundi,
la population a toutes les raisons de se plaindre : la vie se gère d’un
jour sur l’autre et la visibilité est à 24 heures. En France,
en rester au stade de la plainte devient vite un caprice, un égoïsme,
une inconscience à combattre. Et tout le monde est apte à saisir
sa chance pour avoir un projet qui donne envie de se lever le matin !
- Extrait texte Alain et Evelyne Spilet,
inventeurs du textile bambou
Un concept révolutionnaire : des mailles en fibre de bambou
Même dans
un secteur comme celui du textile, où la mondialisation crée un
véritable effet de panique, des entreprises en France construisent un
avenir prometteur comme les toiles de Mayenne. La société Spilan
innove en lançant sur le marché un concept révolutionnaire
: des mailles en fibre de bambou.
Conception en France, production à l’étranger. Du Portugal,
ils sont passés à l’Espagne, puis à la Grèce.
« Mais, il n’y avait pas beaucoup d’âme là-dedans,
se réjouit encore Alain Spilet. On est parti en Asie, en Corée.
On faisait des pulls fait main, des quantités astronomiques qu’on
amenait en France, avec toujours la même idée : se différencier
par des matières riches, des couleurs chatoyantes et des fils inimitables.
Aujourd’hui, face à de gros importateurs, Spilan est encore dans
le même schéma : développer sa petite niche de fabricant
innovant créateur. Jusqu’au jour où son client distributeur
lui a dit : « Alain c’est fini. On ne peut pas garder nos importateurs,
on va s’implanter nous-mêmes. Nous ne garderons en interne comme
fournisseurs que les industriels avec leur outil de production ». Combatif,
Alain se dit « je vais revenir vous voir avec un outil de production ».
Il est revenu quinze jours après voir Carrefour en disant : « voilà
je suis industriel, j’ai trois usines en Asie. On doit être capable
de vous alimenter avec les meilleurs prix de la planète ». Marché
conclu, ils ont pris quelques gros marchés. On est en 1998, et rapidement,
un nouveau problème est arrivé. Les distributeurs leur ont dit
: « à l’avenir, on ne va conserver que les marques ».
Spilan n’avait pas de marque. Ils se sont mis à la recherche
d’une marque. « La seule façon de créer de la valeur
pour mon entreprise, c’était d’avoir une marque. On s’est
dit autant qu’on prenne Spilan ». Ils ont recruté des équipes
marketing. En 2006, ils ont fait pour la première fois une publicité
à la télévision pendant un mois, avec un million d’euros
d’investissement.
« Pour innover, témoigne Alain Spilet, il faut de l’instinct,
un peu de chance, ou une certaine somme de connaissances. J’ai commencé
à travailler avec des filateurs, mon métier d’origine. Quand
j’ai mis ma problématique sur la table à Taïwan, on
s’est réuni dans l’usine et il y en a un qui m’a dit
: ah mais tu sais, il y a pas mal de tissus qui marchent en ce moment, on fait
du tissu de bambou. Il y a un mec, il fait ça pour des infirmières
au Japon car la fibre naturelle, non traitée par des mélanges,
est anti-bactérienne ». Il fallait que ces produits soient lavables
en machine. Il ont travaillé 8 mois pour résoudre ce délicat
problème et sont revenus à Paris avec les premiers essais de tee-shirts
et de pulls en fibres de bambou résistants à un lavage à
30°. Une fois le contrat d’exclusivité signé avec Carrefour
et avec des vépécistes, comme Damart, l’agence de publicité
est choisie et le slogan trouvé : « Je m’habille en Spilan,
je m’habille en bambou », une campagne de pub remarquée avec
une nouvelle marque et une nouvelle fibre. Le résultat de la campagne
est encourageant : jusqu’à 800 visites par jour sur Internet ».
Quand on est dans une PME, le temps de décision est raccourci au maximum,
ce qui permet de prendre des positions fortes sur les clients. Il y a chez Alain
et Evelyne Spilet une vraie énergie, une passion.
La vague de délocalisation qui a envahi le secteur du textile est annonciatrice
d’un mouvement général. Ce que l’Asie ou l’Inde
sait ou peut produire, elle le produira aux meilleurs coûts. « Est-ce
que l’avenir de la France est de conserver des salariés qui ne
vont pas être compétitifs avec ceux des pays émergents,
alors qu’elle peut concentrer sa valeur ajoutée sur d’autres
atouts comme la créativité et l’innovation ? ».
Sur quels éléments les Français peuvent-ils apporter une
valeur ajoutée au monde ?
- Extrait texte Delphine Lassailly, membre du conseil d’administration
du Conseil National du Handicap
Influer sur le regard de l'autre
Le regard de
l’autre, il a souvent l’occasion d’en parler avec Delphine
Lassailly, membre du conseil d’administration du Conseil National du Handicap,
qui en tant qu’avocate défend l’intérêt des
personnes en difficulté d’insertion sociale. Souffrant d’un
handicap moteur qui l’oblige à se déplacer avec une canne
depuis son enfance, Delphine Lassailly a très tôt été
confrontée à ce problème. « Mon handicap m’a
amené à exécrer le rejet de l’autre, et à
me tourner vers des métiers qui soient très axés sur la
relation humaine. L’essence même du métier d’avocat
est de défendre l’autre. La différence fait peur. Et je
voulais me battre pour ça ». « Au départ chacun s’observe,
dit-elle, c’est à moi de sourire deux fois plus, d’aller
vers l’autre et de lui dire, t’inquiètes pas, je marche avec
une canne mais tout va bien ». Tout le problème, c’est de
faire oublier le handicap.. « Pour certains, ça se passe sans difficulté,
et puis pour d’autres c’est beaucoup plus compliqué. Il y
a des personnes qui restent enfermées dans leur a priori et leurs peurs,
et d’autres qui sont beaucoup plus ouvertes ».
Beaucoup de Français sont peureux de ce qui est différent, de
tout ce qu’ils ne connaissent pas. Trop enfermés dans leurs acquis,
nombreux sont ceux qui ont du mal à dépasser leurs a priori. «
Pour faire évoluer les mentalités, il y a énormément
de travail à faire », souffle t-elle.
Pour beaucoup, la société française est bloquée
: on est mis dans des cases et si on ne correspond pas à la norme définie
par la société, sur des critères tels que la beauté
physique, l’intelligence intellectuelle, on est mis à l’écart.
« On y arrive à force de volonté, de persévérance,
mais il faut se battre, insiste Delphine Lassailly. Parfois, c’est fatiguant
de se demander comment les gens vont réagir en face de nous ! ».
Etre le plus décontracté possible, dépasser la tension
de départ, le premier regard, la première approche. En Angleterre
c’est totalement différent. « Ma sœur jumelle est professeur
d’anglais, poursuit-elle. Ses entretiens d’embauche en France n’ont
tourné que sur son handicap. En Angleterre, ses entretiens d’embauche
n’ont tourné que sur ces compétences. Aux Etats-Unis, les
regards que l’on croise sont bienveillants. Il est frappant de constater
dans les parcs nationaux américains tous les aménagements réalisés
pour permettre aux fauteuils de circuler facilement. Les Français devraient
peut-être se déplacer plus souvent hors de leurs frontières
: les voyages sont formateurs à tous les âges.
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