Éric Pillet

Producteur de musique

 « Tout est possible si tu veux ! »

Issu d’une famille dont le père était militaire et la mère au foyer, j’ai passé mon enfance à Nantes au sein d’une caserne en vase clos pendant mes 20 premières années. Univers protégé, j’en garde un immense souvenir « d’années bonheurs », les années 70/80 , loin de « la crise » et des guerres successives au Moyen Orient….

Mon père, grand pêcheur et campeur, nous emmena dès notre plus jeunes âge ma sœur, ma mère et moi au bord de canaux, étangs, rivières pour y respirer le grand air et pratiquer sa passion. Été comme hiver, week-end, jours fériés, grandes vacances, j’ai passé mon enfance à crapahuter dans les bois et forêts, pêcher les grenouilles, sauter les barrières des champs, cueillir les champignons, manger sandre et brochet au bord de l’eau. C’est certainement là que j’ai acquis le sens de la liberté du savoir se contenter de peu dès lors que l’on est bien.

J’ai consacré mes études aux sciences et suis détenteur d’une licence en Biochimie Cellulaire. J’ai ensuite travaillé sur la coupe du Monde de planche à voile et sa promotion pour Peter Stuyvesant Travel. Pendant 2 ans : plages, hôtels, boîtes de nuits, soirées promotionnelles, travail promotionnel, soirées événementielles avec artistes… les feux de la rampe ont fini d’activer mon cortex même si déjà depuis mon adolescence je pratiquais guitare, clavier analogique avec quelques amis et que la musique avait déjà pris beaucoup de place. Fin des années 80, fin des années coquillages et crustacés, je quitte le Fun board et deviens délégué médical pour Bayer Pharma à Paris puis Cannes.

J’ai construit mon premier Home Studio à Cannes et commencé ma véritable carrière d’artiste. À ce moment-là, je gagnais bien ma vie dans l’industrie pharmaceutique et passais mes nuits en composition sur mes différentes machines accumulant des dizaines de cassettes audio. Ayant fait le tour du métier et sans aucune envie d’y faire carrière, j’ai transformé l’essai en licenciement économique (assurant mes arrières). Le terrible accident manquant de peu d’emmener mon père et ma mère m’a contraint de quitter la riviera pour un retour express à Nantes où mes deux géniteurs dans le coma faisaient pour la première fois chambre à part dans le service de soins intensifs du CHU.

C’est un choc. Je confirme !

Il est une chose certaine, c’est que je suis né un Samedi soir au douzième coup de minuit et que mon père de peur que je sois un fainéant toute ma vie en naissant un Dimanche, à la demande de l’officier d’Etat civil qui enregistra ma naissance, préféra me déclarer le Samedi 5 et pas le Dimanche. Reste que je n’en suis pas moins un sacré chat de gouttière, j’aime la nuit. Tout est plus calme, plus clair, les sons, l’air et ce sentiment de ne pas faire comme les autres (ils dorment). J’aime ça ! J’ai bossé ensuite comme barman de nuit : la fête, la musique, les amis, les petites amies. J’ai continué à composer de plus en plus et me suis retrouvé au gré de la vie à Orléans où j’ai intégré ma première formation semi-pro en 1993.

C’est l’avènement de l’informatique musicale MAO. Dorénavant, les machines contrôlent d’autres machines et tout est possible pour nous les claviers. On peut écrire et faire jouer toutes les parties que l’on veut sans recours à personne d’autre. C’était une Révolution ! Et c’est grâce à cela que j’ai pu devenir producteur de musique. Je ne suis pas du sérail, et complètement autodidacte j’ai épousé cette carrière d’instinct.

En 1994, je pars pour Dakar par la route avec 5 personnes membres d’un groupe de musique à bord d’un Renault Trafic. Le projet alléchant d’aller créer un album d’Afro-reggae in-situ s’est soldé par un échec artistique, mais une sublimation personnelle. J’en garde en effet le souvenir le plus enrichissant de ma vie et le plus important aussi, pour les changements profonds qu’il engendra en moi. Après avoir finalement rallié Dakar, où nous séjournâmes un mois, il nous fallut sous la contrainte, rejoindre la Casamance et sa capitale Ziguinchor  où j’ai passé une des plus belles années de ma vie. Malgré l’épuisement psychologique et l’effondrement physique auquel nous étions tous réduits, il ne reste que du bon des hommes et des femmes du bout du monde qui font face dignement, malgré le dénuement le plus total.

Deuxième leçon de vie, deuxième choc, je suis rentré en France avec deux certitudes. Premièrement, la musique sera ma vie. Deuxièmement, j’adopterai désormais une philosophie au quotidien qui se résume à me dire : « Arrêtes de te plaindre, changes de point de vue et avances, ça va aller, tout est possible si tu veux ! ».

Après 6 mois de décompression en 1995, j’ai  commencé à jouer dans différentes formations et parallèlement développer ma carrière de sound designer et de producteur free lance. Au début des années 2000, sur Paris je suis plus ou moins producteur free-lance. J’ai signé mon premier album solo en tant que Ricoslide chez Night & Day (Ali Farka Touré – Buena Vista Social Club) en 2003…J’ai toujours eu une passion pour la musique et la synchro image, aussi lorsque l’occasion s’est présentée, je suis devenu sound designer & audio post production manager pour une chaîne de télévision cable diffusée sur les 5 continents via les satellites de British Télécom. Puis, quelques années plus tard, directeur de la programmation et responsable de chaîne. Malgré l’immense puits de connaissance que représente cette expérience, elle n’en fût pas moins génératrice de stress  avec une forte tendance à m’éloigner de la création musicale ce qui fût une erreur.

En 2008, malgré une bonne situation et une vie confortable à Paris, j’ai décidé de reprendre les choses en main et sous l’influence d’une rencontre importante, j’ai décidé de quitter Paris pour venir m’installer aux Pays Bas à Amersfoort – Utrecht. Me laissant guider par le flot de la vie et mon instinct, j’ai donc rencontré Robin Jaydee Albers avec qui nous avons créé le projet Electronic Bodyguards en 2009 et pendant 2 ans, avons forgé le premier album signé chez United Recordings UK sorti cette année. La création de ma société de production Before Elements va de pair avec ces événements, je suis aujourd’hui en cours d’écriture du second album. Entre temps, nous avons signé d’autres titres pour d’autres artistes en tant que producteurs et sommes en passe de réaliser d’autres projets d’ampleur mondiale. Mais la règle étant d’en dire le moins…..Tout est possible, rien n’est certain !

Mes passions 

La première de mes passions, c’est « La vie » dans le sens le plus simple possible. En effet, je me suis imposé ce principe qui dit  » On ne nous demande que de vivre « . Le reste, je le vois plus comme un cocon, confortable ou urticant selon chacun….

Aujourd’hui producteur de musique, ce qui me laisse une grande liberté à tous les niveaux, j’ai une grande passion pour la nature et j’aurais très bien pu être gardien ONF ou bûcheron. J’aime les espaces libres à faible densité de population. J’aime cuisiner pour mes amis et organiser des dîners improvisés.

Mes projets 

J’ai la passion de la musique qui est plus que vitale à mon existence, et bien sûr la pérennité de Before Eléments, son essor au niveau mondial qui occupe la première place au rang de mes projets. C’est un challenge qui prendra le temps à se mettre en place, j’ai appris à ne pas trop forcer les choses, il faut savoir quand pousser et s’aménager des temps de relâche, comme pour un accouchement. Tout est dans la nature. J’aimerais assez travailler sur la musique de films et une association récente avec Danny Lerman (saxophoniste de génie qui joua pour H Hanckock, Earth wind & Fire…) me laisse entrevoir une porte ouverte sur de possibles connections avec le cinéma américain qui offre plus de liberté sur la création musicale… J’ai des tonnes de choses à faire ici, mais aussi ailleurs ! C’est sûr, il y a de quoi faire pour qui se donne l’envie.

J’ai pour cela tout l’enthousiasme qu’il faut car c’est dans ma nature, bien sûr il y a des jours sans, mais je les prends comme jours de relâche, et j’en profite pour me consacrer au travail du bois ou de la terre qui sont inscrits dans mes gènes de part mes ascendants.

Pour en savoir plus 

https://www.facebook.com/rico.pilletjerusalem

Pourquoi adhérer à Figures de France ?

J’ai été séduit pas la volonté de Philippe Arfeuillère de transmettre l’idée simple que tout est question de point de vue et que l’enthousiasme et le positivisme sont les meilleurs moteurs de la réussite. Et ce, à tous les niveaux ! En effet il me semble vraiment très important et d’autant plus dans cette période que nous traversons, de véhiculer cette idée qu’il est toujours possible de rebondir du bon côté et d’avancer sans trop peiner.

J’ai depuis ces 20 dernières années connu des hauts et des bas, mais j’ai toujours gardé la certitude et la conviction que tout allait bien se passer. Je reste persuadé que la plupart d’entre nous n’est pas à sa place, ou plutôt pas exactement là où il voudrait être. Et pourtant, personne ne nous empêche vraiment d’être à notre place, c’est une question de choix ou de sacrifice voir de courage. Je  suis acteur de ma vie et non spectateur, j’essaie de garder le contrôle au maximum.

C’est cette prise de conscience que j’aimerais transmettre avant tout, une vie d’homme c’est très court et on en a qu’une chacun au départ. Alors j’ai choisi l’option « pas de regrets » et je dois dire pour conclure, qu’à force d’embrasser la vie, elle finit toujours par vous sourire.