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Portrait
Yves Saint-Gal, ex directeur général de l’Union des Fabricants
Yves Saint-Gal,
est un maître dans l’art des jeux de mots. Ses best of ont tourné
autour de la vie de famille et du travail. Le jour de ses 70 ans, comme les
autres jours, les jeux de mots fusent. Gilberte, Tante Jeannette,… : chacun
en a pour son grade. En regardant Mamie qui se laisse servir : « laisse
Mamie faire ! ». Quand Lucie prononce une parole peu recommandable pour
un catholique : « laisse Lucie faire ! ». Et quand quelque chose
l’obsède ou ne tourne pas rond dans sa tête : « dans
quel état j’ère ? ». S’il voit quelqu’un
de joyeux un peu timide qui n’exprime pas assez son enthousiasme : «
si tu es gai, ris donc ! ». Pour raconter leur voyage en Turquie avec
Quinou, sa femme, et la découverte d’un endroit où il y
a deux détroits : « nous avons vu l’un des deux détroits
! ». A la question d’un enfant, « Grand-Père, pourquoi
as-tu les cheveux blancs ? », il répond : « les ans d’Yves
en sont la cause ! ». Pour en découvrir plus, voir son ouvrage
sur la famille : La Sainte Galerie. Quand à son humour sur le lieu de
travail, ce sont des jeux de mots quotidiens. Retenons celui-ci pour exemple
à propos d’un secret de fabrique qu’il confie à sa
secrétaire : « il faut se secret taire ! ».
Défenseur des marques devant l’éternel, homme de conviction
par excellence, il est l’auteur de nombreux ouvrages en matière
de propriété intellectuelle sur le droit et usage des marques.
Le livre intitulé « Protection et défense des marques de
fabrique et concurrence déloyale », paru chez Delmas, est devenu
un livre de référence qui a marqué la fin du XXème
siècle. Ses étudiants devenus hommes et femmes d’affaires
ont été marqués par la force de ses messages, la pertinence
de ses propos, et toujours cet humour qui crée la bonne humeur. Yves
Saint-Gal, soutenu par son épouse Quinou, est un homme qui place l’humain
au cœur de tous les enjeux : à quoi bon défendre les marques
si les hommes et les femmes qui les créent sont ignorés ? Source
d’inspiration pour les jeunes d’aujourd’hui, Yves Saint-Gal
démystifie la place de l’être humain sur cette terre. S’il
ne s’en remet pas à l’énergie divine, il est seulement
une somme de possibles. S’il accueille l’amour dans sa vie, il s’épanouit.
Et la bonne humeur, l’humour, sert de lien entre les hommes et les femmes
de la planète. En temps de crise, encore plus qu’en temps dit «
normal ». Dans les petites choses de la vie, dans la rue, dans un village,
ou simplement quand on se croise dans un escalier, l’humour est pour Yves
Saint-Gal, un réflexe, une gaieté partagée. Des petits
riens qui changent la donne. Des sourires qui animent l’âme et le
cœur, et font du bien au corps.
Son moment préféré dans la vie : l’heure de l’apéritif.
Moment de convivialité par excellence ! Il a sans doute fait partie de
ceux qui ont inventé dans les années 60 l’apéro dînatoire
: discuter beaucoup, prendre son temps, échanger réellement autour
de rondelles de saucisson et d’un verre. Pour partager des impressions,
des émotions, dans la simplicité et la bonne humeur. A la campagne,
dans le village de Bouilly en Bourgogne, il s’entend dire par Berthe Legouge,
sa voisine : « Vl’a pas qu’le tout, mais faut qu’j’y
aille ! ». Conclusion légitime après un soit disant rapide
apéro qui devenait une discussion assise de plus d’une heure…
Même chose avec Monsieur Picard, le ferrailleur qui répare aussi
les vélos. La casquette vissé sur la tête et en bleu de
travail, Monsieur Picard dans le salon d’Yves Saint-Gal était plus
vrai que nature, avec l’accent du pays, de la météo et du
temps qui passe. Nombreux sont ceux qui ont accepté, sous le charme irrésistible
d’Yves Saint-Gal, une invitation à « partager un verre. Un
verre toujours à moitié plein, même s’il est en réalité
à moitié vide ». Ses étudiants les plus fidèles
passent le week-end dans la maison de campagne. Des relations humaines rares
et riches, que l’on qualifierait d’uniques aujourd’hui. Yves
Saint-Gal savait prendre son temps. De là où il est aujourd’hui,
il a tout son temps et doit nous regarder nous agiter comme des fourmis sur
la terre des hommes.
Toute sa vie, Yves Saint-Gal qui a grandi professionnellement avec l’Union
des Fabricants pour en devenir un jour directeur général, toute
sa vie, il est allé vers le « oui ». Dire « non »
était pour lui contre-nature. Président d’un grand nombre
d’associations parce qu’on lui proposait facilement ce rôle
qui lui allait bien, il avait du mal à refuser les responsabilités,
mais aussi les honneurs. A tel point qu’un soir, lorsqu’il arrive
chez lui accueilli par Quinou sa femme, et que très fier il déclare
en franchissant la porte de son appartement sans plus attendre : « ma
chérie, on vient de me proposer d’être président d’une
nouvelle association », il s’entend dire : « mon chéri,
tu t’es encore fait avoir ! ».
L’humour, le sourire, la dédramatisation, la reconnaissance,
le sens de la marque : notre société en a plus que besoin aujourd’hui.
Merci Yves Saint-Gal pour cette divine inspiration qui a valeur d’éternité
!
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