Jean Michel Billaut – Comité des Enthousiastes

Anthropologue du numérique

« Vivre 1000 ans pour voir comment les gauloises et les gaulois vont s’en sortir, et pour retrouver une jambe mieux que celle que j’ai perdue, une jambe bionique plus performante que la vraie ! »

Voilà l’utopie teintée d’humour de Jean-Michel,  une sorte de geek prospectiviste, un acharné drogué de l’avenir, un découvreur passionné et surtout un homme d’action enthousiaste.

Car attention ! L’enthousiasme même s’il affirme que c’est génétique, – on l’a ou on ne l’a pas, n’est en aucun cas un état. C’est un gène de l’action, car l’enthousiasme ne peut se manifester que dans l’action. Et de préférence un acte ambitieux et visionnaire qui demande des tripes et de l’intelligence. Car Jean-Michel est un grand expert, qui a inventé et créé « L’atelier » de la BNP, où il a détecté les innovations qui annoncent les bouleversements de nature à mettre en péril les entreprises.

Aujourd’hui encore, « anthropologue du numérique », il nous observe à la loupe sauce google.

Il fouine, furette, se déplace à toute allure, en trois clics, du nord au sud, du Luxembourg à San Francisco, en passant par le Japon ou la Chine, et est ébouriffé de ses trouvailles : « Waouh ». Son plaisir est de nous raconter sur sa web TV, les histoires fabuleuses de ces « galopins » qui sont en train d’inventer le monde demain, sous nos yeux d’aveugles misérables. Les enthousiastes, les vrais, ce sont ces inventeurs géniaux, car ils y croient, ils foncent, ils font. Et leurs donateurs investisseurs dans leurs crowdfunding, sont, eux aussi, de sacrés enthousiastes.

Regarder le futur est plus que jamais capital pour nos sociétés, et nous ne regardons que le passé. Invisible, inodore et incolore, un méta virtuel est en train de structurer, à notre insu, tout notre avenir, prédit notre Levi-Strauss des temps post moderne. Nous quittons la révolution industrielle pour entrer dans la grande disruption, qui transforme déjà en profondeur nos modes de vie.

Si ses idées ont la bougeotte, lui aussi ! Pendant ses 7 mois d’hospitalisation, à la suite de son amputation de la jambe, tous ses copains d’infortune restaient scotchés devant leur télé, lui, non. Notre pourtant-champion-du-virtuel était connu comme « le mec qui se balade partout ». Il arpentait, découvrait, se faufilait dans tous les coins avec ses béquilles, et avec impertinence, même là où il ne devait pas être. Mais attention, le soir venu, il se connectait au virtuel pour entrer en vraie communion avec les siens.

Mais rien que du respect pour cet homme à la e-vitalité débordante, à l’humour féroce, qui ne pense qu’à faire bouger les choses, pour nous aider à nous e-adapter. Il voudrait que son enthousiasme devienne une sorte de e-contagion obligatoire collective, afin de faciliter et booster la véritable e-démocratie, pourquoi pas par un e-partis ?

Le contraire de l’enthousiasme ?

Etre français. Les français ont peur. Comme la peur paralyse, ils ne bougent pas. Nous n’allons pas nous en sortir en geignant devant notre télévision. Les autres, ils bougent, ils inventent et ils expérimentent. Il faudrait que l’homo sapiens gaulois se réveille : « de Gaulle disait que nous étions des veaux. Bonne nouvelle, nous avons grandi : nous sommes devenus des bœufs ».

Et s’il y avait un médicament pour l’enthousiasme ? On ne peut pas soigner l’anti-thousiasme. Pour éradiquer, une manipulation génétique pourrait offrir le gène de l’enthousiasme à tout le monde.

Entretien réalisé par Karin Boras – 2015