Karen Kilimnik

Karen Kilimnik a contribué à la définition du genre de «l’installation», à la fin des années 1980 et se révèle aujourd’hui particulièrement virtuose dans le domaine de la peinture classique. L’exposition organisée par le Consortium de Dijon présente l’ensemble de ses travaux consacrés à l’univers de la danse et du ballet.

Son œuvre s’inscrit dans la lignée de l’esthétique du Pop Art, mélangé aux acquis formels du XXe siècle. Elle est fascinée par les séries télévisées, les magazines de mode et par les personnalités royales, comme en témoignent ses portraits de Lady Diana ou du Prince William. Le choix de cette iconographie résulte avant tout d’un goût personnel. Elle prend pour point de départ: les légendes, les contes, les croyances, où tout événement historique et mystérieux (de Stonehenge à la magie noire), puis elle l’associe à une forme de récit plus contemporain et urbain (comme la vie des stars et leur mise en scène médiatique).

Mais plus que le choix de cette iconographie, c’est sa mise en forme qui fera de l’artiste, au début des années 1990, une héroïne provisoire de la scène artistique New-Yorkaise, tandis qu’elle renouvelle le genre inattendu du «Scatter». Il s’agit d’une manière héritée de la fin des années soixante d’installer des éléments sur le sol, comme s’ils avaient été déversés sans ménagement, ni intention formelle particulière. Elle rompt ainsi avec la vision traditionnelle de présentation des œuvres d’art. Ces biens de consommation de luxe se transforment en bricoles en toc jonchant sur le sol. Ses expositions prennent souvent la forme d’installations très scénarisées, où la frontière entre les œuvres et leur décor n’est plus nettement visible. Elle entraîne ainsi le visiteur au cœur même de son univers personnel.

La peinture à l’huile est progressivement devenue sa technique de prédilection, elle délaisse les grands formats pour se concentrer sur des toiles de petit format, où la préciosité des sujets rencontre la dimension domestique des médias people, qui restent sa principale source d’inspiration. Karen Kilimnik poursuit son voyage imaginaire, avec cette exposition conçue spécialement pour le décor de cette maison du XVIIIe siècle, située au milieu du plus célèbre vignoble du monde.

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