Robert Linxe

Fondateur de la Maison du Chocolat

« Tout ce qui n’est pas très bon est mauvais ! »

C’est à l’adolescence que j’ai eu mes premières sensations pour le chocolat. Dans le restaurant de mon oncle à Bordeaux, j’ai mis ma main dans un bocal et j’ai goûté des chocolats au lait et au caramel. Des chocolats d’une finesse et d’un moelleux extraordinaires, un souvenir inoubliable ! Ces sensations ne m’ont pas quitté.

Quand j’ai décidé à l’adolescence de devenir pâtissier, j’ai dû affronter la vive réaction de mon père, une personnalité raffinée. Lui me voyait bien musicien. Violoniste plus exactement. Un jour, il m’a dit : « Si tu es pâtissier, c’est ton choix. Mais alors ne t’arrête pas en chemin. Tu es condamné à être le meilleur !».

Après l’école supérieure de commerce de Bayonne, j’ai eu un apprentissage chez un pâtissier de mon pays. Ensuite, je suis allé dans une école de chocolaterie en Suisse. En 1955, je me suis lancé. J’ai acheté une pâtisserie-confiserie, « La Marquise de Presles » à Paris. Au 121 avenue de Wagram. J’étais tout jeune, j’avais 26 ans !

Je l’ai vendue 20 ans plus tard (à Gaston Lenôtre figurez-vous !). En 1975, avec ma femme j’ai pu ouvrir la première Maison du Chocolat au 225 rue du Faubourg Saint-Honoré, en face de la salle Pleyel. La musique devait continuer à m’inspirer… Un chocolat, c’est une construction subtile comparable à la composition d’une mélodie. Une ganache réussie a un arôme qui lui est propre, une personnalité précise, une note. Le son d’un instrument, la voix d’un chanteur d’opéra… Tout cela appartient au même univers.

Je me suis appliqué et dès le départ, les saveurs et les équilibres des chocolats de la maison ont plu. C’est un bonheur que j’aime partager !

J’ai ouvert la deuxième Maison en 1987, au cœur du Triangle d’or, 52 rue François 1er. L’année suivante, j’ai fait la rencontre du président du groupe Bongrain, et nous avons fusionné, ce qui m’a permis d’ouvrir une Maison du Chocolat à New York. Depuis 2000, la maison est consacrée par le Comité Colbert et s’est étendue dans plusieurs boutiques à Paris, Cannes, Londres, New York, Tokyo.

Mes passions 

La création, la musique, le chocolat…

Associer de manière inédite et délicate des saveurs naturelles à des chocolats d’origines différentes. Chocolatier, c’est un métier d’artisan. Tous les chocolats sont faits main, mais en réalité, on les fabrique avec le cœur !

Mes projets 

Continuer à aider les gens à faire toujours mieux, avec les idées que je peux avoir encore, et j’en ai ! On a un petit gars, Nicolas Cloiseau, qui est une perle. Il est depuis au moins 15 ans dans la maison et connaît son métier. La Maison du chocolat, c’est ma passion. Je continue à soutenir son développement, à ma façon. 

Pour en savoir plus 

www.lamaisonduchocolat.fr

Pourquoi adhérer à Figures de France ?

C’est une idée géniale ! Le titre Figures de France est très simple et très humain, plein de bon sens. Cette association Figures de France peut ouvrir la porte à beaucoup de gens, à condition de ne pas en foutre plein la vue. On ne cherche pas à être prétentieux ! Dans la vie, il faut rester simple et être bien entouré. C’est très important pour moi d’avoir une épouse comme Gisèle qui sache mettre le coup de frein, quand ça déborde. Freiner pour ne pas se casser la gueule, ne pas aller trop vite. Le bon sens n’est jamais prétentieux. Rester sobre, voilà le principal. Pas besoin de fioriture. Ca viendra après. Les choses les plus simples sont les plus sobres. Ne pas masquer, ne pas enjoliver. C’est dans la simplicité qu’il y a la vérité. On peut se tromper, et on peut rectifier. Avec des choses compliquées, on se perd. La fioriture, ça cache la pureté. Dans la création, faut taper dans le mille, question de bon sens ! Le bons sens, il faut le cultiver et se l’approprier. C’est le plus difficile à cultiver. La qualité découle du bon sens. La qualité de l’individu, ce n’est pas la fioriture et pas la voiture !